Nodules métalliques : les îles américaines du Pacifique s’inquiètent de l’exploration en eaux profondes

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Le dirigeant des îles Mariannes du Nord – sous administration américaine dans le Pacifique – déplore n’avoir pas été consulté sur la mise aux enchères de vastes zones océaniques voisines à des fins d’exploration minière en eaux profondes. Le gouverneur David Apatang a souligné début août auprès de l’AFP que cette idée suscitait une vive inquiétude au sein de la population de son archipel tropical de quelque 40 000 habitants.

Donald Trump avait décidé en avril 2025 d’ouvrir l’extraction à grande échelle de minerais dans les grands fonds océaniques, y compris en eaux internationales. De vastes parties de l’océan Pacifique sont recouvertes de nodules polymétalliques, des sortes de galets de la taille d’une pomme de terre, riches en cobalt, cuivre, nickel, manganèse et terres rares.

Une vaste zone du territoire maritime américain située près des îles Samoa américaines – un territoire niché entre la Nouvelle-Zélande et Hawaï dans le Pacifique Sud – doit être mise aux enchères dès le mois de novembre, selon des documents officiels. D’autres zones océaniques entourant Guam et les îles Mariannes du Nord, dans le Pacifique occidental, sont également à l’étude. Ce qui fait craindre à M. Apatang « des répercussions sur la sécurité alimentaire de la population du Commonwealth des îles Mariannes du Nord, dont la survie dépend des ressources océaniques ».

Demandes d’interdiction temporaire

L’exploitation minière en eaux profondes peut causer des dommages irréversibles, étouffant la vie marine sous des panaches de déchets et perturbant les migrations océaniques sous le grondement des engins lourds, estiment ses détracteurs.
Les îles Mariannes, Guam et les Samoa américaines – territoires américains n’ayant pas le statut d’Etats – souhaitent toutes son interdiction, au moins temporaire, dans leurs eaux territoriales. Mais ces territoires qui dépendent de Washington pour leur financement et leur défense n’ont guère leur mot à dire sur les actions du pouvoir central au-delà d’une limite maritime de quelque cinq kilomètres.

Guam a adopté cette année des lois interdisant aux navires d’exploitation minière en eaux profondes de faire escale dans ses ports, ce qui pourrait entraver le développement de ce secteur en le privant d’une source essentielle de carburant et de ravitaillement. Selon M. Apatang, les îles Mariannes du Nord « envisageraient de suivre cet exemple ».

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