Minerais critiques : les Français veulent un Etat stratège

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Trois semaines après le Sommet du G7 d’Évian, industriels, experts, investisseurs et pouvoirs publics se sont retrouvés au Palais Bourbon autour du thème « Consolider notre souveraineté industrielle. Minerais, métaux critiques, de l’accès à la ressource aux usages : quelle stratégie pour les vingt prochaines années ? ». Accueilli par le député Christophe Naegelen, le colloque a réuni le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin, la présidente-directrice générale d’Eramet Christel Bories, le Group Corporate Affairs Vice-President d’Imerys Vincent Dufief, le président de l’A3M Raphaël Rëy et le chercheur de l’École de guerre économique Arnaud de Morgny.

A cette occasion, les résultats d’une étude « Les Français et les matières premières stratégiques », réalisée par Norstat pour L’Hémicycle auprès d’un millier de Français représentatifs, ont été dévoilés, montrant que le sujet était sorti du cercle des experts. Ainsi, les deux tiers des Français jugent la France trop dépendante de l’étranger pour ses matières premières stratégiques ; ils identifient la Chine comme le principal rapport de force et ressentent une perte d’influence française dans les pays producteurs. « Les résultats de cette enquête montrent qu’un basculement est en train de s’opérer. Les Français identifient désormais la dépendance comme un problème stratégique. En revanche, ils ne perçoivent pas encore pleinement que les minerais critiques sont devenus l’un des principaux terrains de la guerre économique entre grandes puissances », analyse Arnaud de Morgny, directeur d’études de l’École de guerre économique.

Relance de l’activité minière

L’étude révèle également une attente très forte d’une politique industrielle assumée pour sécuriser les approvisionnements stratégiques :

  • 73 % souhaitent relancer l’activité minière et les capacités françaises de raffinage ;
  • 67 % veulent que l’Etat accompagne financièrement les entreprises stratégiques ;
  • 60 % souhaitent protéger ces entreprises contre les prises de contrôle étrangères.

L’un des enseignements les plus marquants de cette étude concerne les causes du recul français dans les matières premières stratégiques. Pour 57 % des personnes interrogées, ce recul s’explique d’abord par un manque d’investissements, de vision et de soutien de l’Etat, devant la concurrence internationale (53 %). Autrement dit, l’opinion publique considère que la perte d’influence française n’est pas une fatalité économique mais le résultat d’un décrochage stratégique.

Extraction et recyclage

Les Français en appellent à une approche globale, qui articule extraction, transformation et circularité. Pour eux, celle-ci repose sur plusieurs leviers complémentaires :

  • 46 % citent le recyclage des métaux ;
  • 42 % les capacités françaises de raffinage et de transformation ;
  • 42 % la présence d’industries clientes sur le territoire ;
  • 40 % l’accès direct aux ressources.

L’étude montre enfin que les Français attendent une traduction concrète des engagements du G7 en actions coordonnées entre alliés :

  • 54% souhaitent une coordination accrue entre pays partenaires pour sécuriser l’approvisionnement en matières critiques ;
  • 47% appellent à la mise en place de normes communes de traçabilité.

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