Selon une dépêche AFP du 24 mai, un coup de grisou survenu le 22 mai dans la mine de charbon de Liushenyu, dans la province chinoise du Shanxi, a fait au moins 82 morts et 128 blessés. Deux mineurs étaient encore recherchés le 24 mai.
Située dans le nord de la Chine, à environ 500 km au sud-ouest de Pékin, la province du Shanxi constitue l’un des principaux bassins charbonniers du pays.
Au total, 247 personnes se trouvaient sous terre au moment de l’accident. Les secours, mobilisant plusieurs centaines d’intervenants, poursuivaient leurs recherches dans des galeries rendues difficiles d’accès par les fumées et les inondations. Des robots ont notamment été déployés pour aider aux recherches des deux disparus.
Les autorités ont ouvert une enquête et accusent l’exploitant privé Shanxi Tongzhou Group de « graves infractions » aux règles de sécurité. Selon les premiers éléments, du grisou se serait accumulé dans certaines galeries. La télévision publique CCTV a également relevé des incohérences dans le comptage des mineurs présents sous terre : le panneau d’affichage à l’entrée du puits indiquait 124 personnes descendues dans la mine, alors qu’elles étaient en réalité 247.
Toujours selon les médias officiels chinois, les mineurs étaient théoriquement soumis à plusieurs contrôles avant de descendre sous terre, dont une reconnaissance faciale et l’utilisation d’un badge de géolocalisation. Mais un ouvrier a affirmé à l’agence Chine nouvelle que ces dispositifs n’étaient pas systématiquement utilisés et qu’il était possible de descendre dans la mine sans badge.
Par ailleurs, le journal Beijing News indique que les plans fournis par l’exploitant étaient inexacts, compliquant le travail des secours, contraints de fouiller les galeries une par une. Un responsable de l’entreprise a été interpellé samedi, selon l’agence Chine nouvelle.
La mine de Liushenyu figurait déjà sur une liste officielle de sites présentant des risques élevés liés au grisou. L’entreprise avait par ailleurs été sanctionnée fin 2025 pour plusieurs manquements en matière de sécurité.
Il s’agit de l’accident minier le plus meurtrier en Chine depuis 2009. Malgré le développement des énergies renouvelables, le charbon représente encore plus de la moitié de la consommation énergétique du pays.


