Le groupe Eramet a annoncé fin octobre sa décision de suspendre son projet d’usine hydrométallurgique de recyclage de batteries pour véhicules électriques prévu dans le nord de la France, dans l’attente d’un modèle économique solide et pérenne. « Faute de montée en puissance en Europe des usines de batteries et de leurs composants, il existe aujourd’hui de fortes incertitudes, à la fois sur l’approvisionnement en matières premières de l’usine et sur les débouchés des sels métalliques issus du recyclage », a expliqué Eramet dans un communiqué.
« Nous restons totalement convaincus de la nécessité de développer une économie circulaire des métaux critiques sur le sol européen, dont le recyclage des batteries en fin de vie sera un élément clé de la chaîne de valeur future, mais la réalité est que la chaîne de valeur des batteries électriques en Europe connaît un démarrage très difficile », pour la p-dg du groupe, Christel Bories. « Compte tenu de la très lente montée en puissance des usines de batteries, nous ne sommes pas en mesure de sécuriser des approvisionnements en matière première pour alimenter notre projet d’usine », a-t-elle ajouté.
En aval, Eramet n’a identifié aucun projet de cathode confirmé, « donc il n’y a pas de client en Europe pour les sels métalliques issus du recyclage ». « Si aujourd’hui on faisait des sels [de nickel, de cobalt ou de lithium, NDLR] issus du recyclage, on devrait les vendre en Asie. Cela n’a pas de sens de recycler sur le marché européen pour vendre le produit en Asie », a souligné Christel Bories.
La rédaction
Image : ©BMW

