Les filtres-presses de la gamme ProPress que CDE vient de mettre sur le marché constituent le lancement de produit le plus important de ces dernières années pour le constructeur. Ces nouveaux modèles doivent récupérer le maximum d’eau, en un temps de cycle raccourci, pour la réintroduire dans le circuit de lavage. Huit installations devraient en être équipées d’ici à la fin de l’année.
A la dernière édition d’Hillhead, fin juin, CDE a présenté une nouvelle génération de filtres presses à plateaux chambrés, avec la gamme ProPress. Le constructeur a expliqué vouloir répondre aux besoins évolutifs des secteurs de la valorisation des déchets inertes de chantier et de l’exploitation de carrières ou de mines. Un des premiers critères sur lequel CDE a travaillé est la modularité, pour proposer un débit variable qui peut être adapté au volume de traitement de n’importe quelle installation.
Double alimentation et moins d’usure
Une évolution marquante est la double alimentation : contrairement aux filtres-presses que l’on trouve sur le marché, les appareils de la gamme ProPress ont une alimentation en boue qui est faite par les deux côtés afin d’améliorer le temps de remplissage de moitié, et par conséquent le temps de cycle. Selon CDE, « une vitesse de remplissage plus élevée augmente l’usure des toiles des plateaux, ce que ne génère pas la double alimentation. Son intérêt est d’accélérer le remplissage sans créer une usure excessive ».
L’optimisation de la pression de chargement des boues permet également d’accélérer le temps de pressage et donc d’augmenter le rendement total. Cette caractéristique est renforcée par l’intégration dans le design d’une poutre supérieure destinée à réduire la tension exercée sur la structure de l’appareil, afin de garantir sa fiabilité et d’améliorer sa durabilité dans le temps.
Ce qui change par rapport aux appareils classiques, c’est aussi l’utilisation de plateaux 25 % plus grands (2,5 m x 2 m). Leur nombre, qui a été réduit, associé à l’augmentation du volume de la chambre vise à augmenter la capacité du filtre-presse sur une superficie plus petite et donc à optimiser la durée des cycles. Tout dépend évidemment des boues à presser, mais sur le filtre-presse le plus grand de la gamme, celui qui compte 200 plateaux, CDE évalue un cycle complet entre 45 et 50 minutes, du gavage au débatissage. Dans cette hypothèse, les galettes de boue contiennent 70 à 80 % de matières solides avec une teneur en eau résiduelle de moins de 20 %.
De 6 à 20 m3
Huit modèles sont proposés, de 60 à 200 plateaux. Dans l’appellation que CDE leur donne, le deuxième chiffre du modèle indique le nombre de plateaux installés : le modèle X1-60 en compte 60 et le plus grand 200 (X4-200).
La gamme couvre des modèles ayant des volumes de 6 à 20 m3. Il s’agit du volume des galettes de filtration produites par cycle, ce qui équivaut à des volumes de boues traitées d’environ 15 à 55 m3, bien que cela dépende fortement des caractéristiques de la boue àpresser.
L’ensemble du procédé est automatisé, y compris l’alimentation, le pressage, le débatissage et le secouage des plateaux, ainsi que le lavage des toiles. Concernant ce dernier point, CDE a intégré un robot chargé de contrôler l’ouverture, l’oscillation et le levage des plateaux ainsi que le lavage des toiles, comme celui de la plate-forme d’entretien.
Avec cette nouvelle gamme, CDE considère qu’il est possible de recycler jusqu’à 95 % de l’eau de lavage pour la réintégrer dans le circuit de l’installation. D’ici à la fin de l’année, CDE devrait équiper huit unités de pressage, dans trois régions du monde, traitant environ 1 000 t/h de boue, indique le constructeur. Il sera alors en mesure de connaître la consommation électrique par tonne de matière sèche, une donnée intéressante à connaître dans le processus continu d’amélioration de l’efficience énergétique d’une installation. À voir au congrès de la Sim.
Jean-Pierre Le Port

