A l’occasion des 120 ans de la Société des Talcs de Luzenac, Imerys a ouvert les portes de son usine et de la carrière de Trimouns, la plus grande exploitation de talc en activité au monde. L’anniversaire a été l’occasion de célébrer l’histoire industrielle du site, d’associer salariés, habitants et élus locaux, et de présenter les actions engagées pour maîtriser l’impact environnemental et préparer l’avenir.
« On a célébré les 120 ans de la création de la Société des Talcs de Luzenac, fondée le 6 juillet 1905. Le site existait industriellement depuis cette date », rappelle Jean-Pierre Papin, responsable communication d’Imerys France à Luzenac. L’exploitation de Talc de Luzenac a été intégrée au groupe Imerys en 2011, prolongeant ainsi une histoire séculaire où le talc a toujours fait partie du quotidien local.
Pour cet anniversaire, l’entreprise a souhaité associer toutes les parties prenantes du territoire. Trois temps forts ont d’abord été consacrés aux salariés, aux retraités et aux personnalités locales. « C’est un événement pour nos salariés en premier lieu », souligne Jean-Pierre Papin. Fin juin, 300 collaborateurs ont été réunis, épisode suivi d’une rencontre rassemblant environ 150 retraités.
Les élus et institutions partenaires ont également été accueillis lors d’une journée orientée autour des enjeux environnementaux du site. Deux journées portes ouvertes ont ensuite permis au grand public de découvrir l’usine dans la vallée (170 visiteurs) et la carrière (près de 400 personnes), nichée à 1 700 m d’altitude, avec des parcours commentés et la rencontre des équipes.
Un site industriel qui suscite la curiosité
L’usine de Luzenac, ouverte au public pour la première fois dans le cadre des Journées du patrimoine, a attiré un large public. « Beaucoup de visiteurs passent devant sans jamais avoir pu entrer. Le site n’est pas pensé pour l’accueil du public. Là, ils ont été intéressés, curieux, étonnés et satisfaits », explique Jean-Pierre Papin.
Même constat à la carrière de Trimouns, où les visiteurs ont pu approcher les engins et échanger avec les opérateurs. « C’est une découverte qui a plu », estime-t-il. Au-delà de la visite, l’entreprise a voulu transmettre un message simple : « On est là depuis très longtemps, et on a envie de continuer à être là encore longtemps. Venez célébrer cet anniversaire avec nous. »
La gestion de l’eau, enjeu majeur du site
Lors de la journée consacrée aux représentants locaux, Imerys a mis l’accent sur la gestion de l’eau, enjeu central pour préserver la biodiversité en aval. Depuis deux ans, un important programme de travaux vise à éviter que les eaux pluviales ne traversent les zones d’extraction et ne se chargent en matières minérales.
Déviations de ruissellements, création de bassins de décantation, dimensionnement spécifique pour résister aux épisodes orageux : « Notre objectif est que l’eau coule naturellement propre jusque dans la vallée », précise Jean-Pierre Papin. Deux secteurs à très forts enjeux écologiques ont été identifiés, dont le ruisseau du Tort et la verse sud. La présence d’espèces patrimoniales comme le Desman des Pyrénées impose une rigueur constante dans les mesures de compensation et de protection.
Réduction des émissions et innovations en test
Imerys explore aussi la réduction progressive de son empreinte carbone. Si les engins thermiques restent indispensables dans la carrière, des tests sont menés sur la station intermédiaire avec des chargeuses électriques. « On en est aux balbutiements. On veut profiter de l’évolution technologique, mais on ne doit pas laisser penser au public qu’on a déjà la solution », reconnaît Jean-Pierre Papin. Les derniers essais ont été réalisés avec Volvo CE.
Les efforts portent aussi sur la maîtrise des poussières : bardage du traitement primaire, stockage sous abri des granulométries fines, limitation de vitesse des engins à 30 km/h, arrosage des pistes. Les analyses montrent un empoussièrement « maîtrisé » en limite de propriété.
Une production stratégique pour l’Europe
La production annuelle varie entre 370 000 et 400 000 t, soit environ 10 % de la demande mondiale. La moitié est destinée aux polymères, en particulier pour l’automobile, un marché en recul depuis la crise sanitaire. Le site reste néanmoins un acteur européen majeur, avec un chiffre d’affaires de 132 M€ en 2024.
L’autorisation actuelle court jusqu’en 2050. Le ratio stériles/talc (12,8/1) interpelle déjà sur l’avenir : « On devra se demander quel sera ce taux dans les années à venir, mais aussi quel sera le prix du talc et ses usages. Depuis toujours, il trouve de nouvelles applications », rappelle le représentant d’Imerys.
Propos recueillis par Jean-Pierre Le Port
©Imerys

