Wienerberger déploie un programme de compensation écologique pour sa carrière de Chagny (71)

Ouverte en 2019 sur 51 hectares, dont 44 exploitables, la carrière de Chagny, en Saône-et-Loire, est dédiée à l’extraction d’argiles et sables pour les usines locales de Wienerberger, spécialiste de la terre cuite et repreneur de Terreal en France début 2024 (17 sites, 1 350 collaborateurs, CA de 400 M€).

L’entreprise vient d’établir un plan de compensation écologique inédit portant sur 110 hectares de forêts de feuillus et co-construit en partenariat étroit avec l’Office national des Forêts (ONF) et le Conservatoire des espaces naturels de Bourgogne. Le projet consiste en la restauration et la création d’un réseau de vieux bois sur 110 hectares de terrain, en tenant compte des dynamiques forestières propres à chaque espace.
En parallèle, et à l’issue d’études écologiques détaillées, l’exploitant a mis en place sa démarche ERC afin de protéger la faune locale et ses habitats, notamment des oiseaux forestiers, des chauves-souris et des amphibiens.

Après avoir constitué 20 % de surfaces de compensation sur ses propres terrains, Wienerberger a identifié, avec la Safer Bourgogne (Société d’Aménagement foncier et d’Établissement rural), trois sites partenaires accueillant 80 % des mesures de compensation, avec des actions adaptées à leurs spécificités :

  • Le Sirtom (Syndicat intercommunal de Ramassage et de Traitement des ordures ménagères) de la région de Chagny : 28 hectares de forêts en repousse spontanée en partie envahies par le robinier faux-acacia, issues d’anciens sites d’extraction d’argile, vont être gérés sur 30 ans de façon à les orienter vers un peuplement de feuillus plus typique. La réouverture de mares forestières et l’aménagement d’ornières doivent créer des zones favorables à la reproduction des amphibiens ;
  • Le Syndicat intercommunal de gestion forestière de Fontaines & Farges : sur les 530 hectares de forêts de feuillus gérés par le SIGFFF, 35 ont été retenus en raison de leur fort potentiel d’amélioration de la biodiversité. Les mesures comprennent la conservation de trois arbres matures par hectare (chênes, charmes, hêtres) pour créer des micro-habitats, la mise en place d’îlots de vieillissement et de sénescence et l’amélioration des mares existantes. Un suivi scientifique sur 30 ans est déployé ;
  • Le centre hospitalier William Morey de Chalon-sur-Saône : près de 22 hectares de forêts issus du patrimoine foncier du centre hospitalier sont mobilisés pour accueillir les mesures de compensation. Elles incluent la préservation d’arbres matures, la gestion d’un îlot de vieillissement sur 30 ans et la conservation de bois mort au sol, favorisant la biodiversité. La proximité de certaines parcelles avec des étangs forestiers constitue un atout supplémentaire pour des espèces sensibles telles que le Murin de Daubenton (une chauve-souris pêcheuse).

La rédaction

©Vincent-Muller