La France et l’Argentine ont signé le 28 juin un accord-cadre sur les minerais critiques tels le lithium, dont l’Argentine possède les troisièmes réserves mondiales, visant à promouvoir coopération et investissements dans ce secteur clef pour la transition énergétique.
Le mémorandum d’entente, signé à Buenos Aires par le ministre français délégué au Commerce extérieur Laurent Saint-Martin et le secrétaire d’Etat argentin aux mines Luis Lucero, vise à « faire du secteur minier une priorité stratégique » des relations franco-argentines, a indiqué M. Saint-Martin. Il doit notamment « accélérer le déploiement de projets d’investissements d’entreprises françaises dans les mois et années à venir, et renforcer la mobilisation d’instruments de coopération publique en vue de financements », a ajouté le ministre français, assurant de la « volonté commune de bâtir une industrie minière moderne et durable ».
Les investissements directs français en Argentine ont connu en 2024 une progression de +43 % sur un an, pour atteindre 7,6 Md$, tous secteurs confondus, la France devenant cinquième investisseur étranger dans le pays sud-américain. Le secteur minier s’est taillé une part importante dans cette progression, avec en particulier 850 M$ du groupe Eramet, pour sa première usine d’extraction directe de lithium inaugurée en 2024 dans la province argentine de Salta (nord-ouest).
L’Argentine, a rappelé M. Lucero, a signé depuis un an des protocoles d’accord de coopération et d’investissements dans le domaine minier avec les Etats-Unis et les Emirats Arabes Unis, notamment.
Accord des pays du Quad
De leur côté, les Etats-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie se sont engagés le 2 juillet à collaborer pour garantir un approvisionnement stable en minéraux critiques, alors que la domination de la Chine sur ces ressources essentielles aux nouvelles technologies suscite de plus en plus d’inquiétudes.
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a reçu à Washington ses homologues de l’alliance du Quad (Australie, Inde et Japon), renouant avec l’Asie après un début de mandat accaparé par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. Les ministres ont décidé de lancer une initiative commune dans le domaine des minéraux critiques, « une expansion ambitieuse de notre partenariat (…) visant à assurer la sécurité et la diversification des chaînes d’approvisionnement », ont-ils déclaré dans un communiqué commun. Ils ont donné peu de détails, mais ont clairement indiqué que l’objectif était de réduire la dépendance à l’égard de la Chine, qui dispose de riches réserves en minerais stratégiques. « La dépendance à l’égard d’un seul pays, pour le traitement et le raffinage des minéraux critiques et la production de produits dérivés, expose nos industries à la coercition économique, à la manipulation des prix et aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement », selon le texte.
Les exportations chinoises d’aimants en terres rares ont continué de s’effondrer, selon des données publiées par les douanes chinoises en mai dernier, reflet des restrictions imposées par Pékin en pleine guerre commerciale. Le montant des exportations d’aimants en terres rares depuis la Chine a chuté de 70 % par rapport à l’an dernier.
La Chine est le premier producteur mondial de terres rares, mais l’État-parti chinois a imposé début avril une licence pour l’exportation de ces matériaux stratégiques, une décision perçue comme une mesure de rétorsion face aux droits de douane américains. Les industriels, notamment du secteur automobile, ont depuis dénoncé des autorisations d’exportations délivrées au compte-gouttes.
La rédaction avec l’AFP
Image : Usine de montage du constructeur Geely.
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