Bergerat Monnoyeur propose depuis peu aux exploitants un système de mesure de la performance des engins de transport. L’objectif est d’identifier des pertes de temps et, par conséquent, des consommations inutiles de carburant, voire améliorer le tracé des pistes.
Le concessionnaire de Caterpillar commercialise depuis l’automne dernier le produit VisionLink Productivity. Ce système ambitionne d’aider les utilisateurs de matériels, à commencer par les exploitants de carrières, à mieux appréhender le travail de leur flotte de matériels mobiles dans un site de production. De lui donner « le pouvoir de savoir », illustre Thomas Lebreton, spécialiste application carrières chez Bergerat Monnoyeur. « Cet outil leur apporte les moyens de prendre les bonnes décisions », précise-t-il.
Les cotes du drone
VisionLink transmet en temps réel les éléments sur le travail des machines suivies par le système dans le site auquel elles sont affectées. Le système nécessite de cartographier le site concerné. « Nous pouvons opérer à partir d’une vue aérienne, mais une fois sur deux les photos sont trop anciennes pour représenter l’état actuel de la carrière, commente Thomas Lebreton. D’autant plus que les exploitations évoluent. Les clients peuvent nous communiquer des relevés de leur exploitation opérés par un drone ».
Il faut ensuite équiper les machines d’un boîtier spécial. A priori, le système est fait pour les matériels Caterpillar. « Mais on peut aussi équiper des matériels d’autres marques à condition qu’ils soient d’une génération récente », confie ce spécialiste. VisionLink communique la position des matériels avec un pas de 30 secondes, leur charge et leur consommation de carburant. Ces éléments sont transmis au client sous forme de rapports au format PDF. « Nous pouvons aussi lui transmettre les éléments recueillis sous une forme qui lui permette de l’utiliser dans son informatique », poursuit-il.
Qu’attendre de VisionLink ? « Nous pouvons segmenter le cycle des machines un par un, et mesurer les temps de chargement, les temps de transport, les temps de livraison de la charge. Cette méthode permet d’identifier des anomalies dans le mouvement des machines », explique Thomas Lebreton.
Ralentis pressentis
L’expérimentation du système chez des clients français et belges de Bergerat Monnoyeur permet d’illustrer l’intérêt de VisionLink. Dans une carrière, le temps d’attente au primaire a été jugé anormalement long. L’exploitant a pu identifier l’origine de ce phénomène : une blocométrie inadéquate du matériau abattu attribuée aux paramètres de minage.
Dans une autre exploitation, c’était un ralentissement récurrent des tombereaux en un endroit bien précis. La cause ? Un rétrécissement de la piste obligeant les engins à réduire leur vitesse lors des croisements. L’identification des ralentis anormaux est en effet l’un des atouts de VisionLink. Mais il peut y avoir des biais, reconnaît Thomas Lebreton : « Le système ne sait pas mesurer le temps nécessaire pour faire monter le moteur en température lors du démarrage de la journée. Dans ce cas, on peut isoler la zone où cette opération est réalisée. »
Belle découverte
L’application première de VisionLink est le marinage. Il peut cependant être mis en œuvre lors des opérations de découverte. « Grâce à l’analyse des ralentis, une entreprise chargée de la découverte s’est rendu compte qu’elle pouvait produire le travail demandé avec un camion de moins pour peu que les ralentissements intempestifs soient supprimés », se rappelle Thomas Lebreton.
L’utilisation de VisionLink est également envisageable dans les opérations de déstockage. « Mais la précision du GPS, de l’ordre d’une dizaine de mètres, suppose que les trémies soient équipées d’un boîtier afin que l’on sache ce que les camions chargent. »
Michel Roche
Image : Atelier de chargement de Pigeon Carrières sur le site des Vallons (35) équipé de VisionLink. L’outil sert à collecter et à analyser les données de production : temps d’attente des engins, déplacement en charge à vide.
©Bergerat Monnoyeur

