Matériels électriques : la promesse Volvo

En septembre dernier, Volvo présentait plusieurs nouveautés pour accompagner les exploitants dans l’électrification de leur flotte. Le constructeur suédois se structure sur son offre électrique et affiche une ambition toujours plus importante sur les marchés du transport et de la construction.

Le 10 septembre, les entités françaises Volvo Construction Equipment et Volvo Trucks (groupe Volvo) se réunissaient dans le nord de Paris pour la deuxième édition du “Volvo Move to Zero”, un évènement qui doit prendre place tous les deux ans dans une région différente pour accompagner la transition des exploitants vers le zéro carbone.
La gamme électrique Volvo pour la construction distribuée en France compte désormais 5 poids lourds et 12 engins de chantier, de la mini-pelle au tombereau articulé. Une dizaine de matériels et autant de camions étaient proposés en démonstration dans une ancienne exploitation de pierre dimensionnelle à l’ouest de Creil, dans l’Oise. Parmi ces engins, plusieurs nouveautés dont des exclusivités mondiales, sur des segments stratégiques pour le constructeur. « Ce n’est pas juste un positionnement, nous avons un certain nombre de solutions pour résoudre l’équation de la décarbonation : notre offre produit, avec plusieurs modèles commercialisés y compris dans la gamme lourde, et nos réponses en termes de batteries, souligne Davy Guillemard, président de Volvo CE France. Les exploitants sont toujours réticents à s’équiper de machines électriques. Ici, dans le cadre de cet évènement, nous prouvons que grâce à cinq powerbanks de 400 kW chacune, nous pouvons assurer 10 jours d’exploitation sur un site qui n’est pas relié au réseau ».

Des modèles éprouvés

Sur l’électrique, Volvo CE annonce réaliser 22 % des ventes dans les secteurs construction et environnement. Le constructeur prend le large sur les modèles compacts avec 80 % des parts de marché pour les chargeuses et les mini-pelles. « Notre compétence sur l’électromobilité s’est construite dans le groupe sur différents facteurs. Notre but est de répondre à chaque facteur de l’équation pour que les exploitants y aillent. Par exemple, comment amener l’électron où il est demandé, en lien avec les différents fournisseurs d’énergie. La réponse ne peut pas être que la batterie mobile », poursuit Marcus Hörberg, président de Volvo Trucks France.
Volvo travaille sur un mix énergétique et prévoit d’apporter d’autres sources dans le futur comme les e-fuel ou l’hydrogène à horizon 2030. Sur le marché français, le groupe s’est fixé comme objectif 50 % des ventes en électrique pour la construction et espère l’atteindre grâce à la commercialisation de plusieurs nouveaux modèles.

Lancement stratégique

Désormais distribuée sur le marché européen et français, la L120 Electric est une chargeuse sur pneus de 20 tonnes. Elle a été testée durant 500 heures par le constructeur chez une quarantaine d’exploitants ayant accepté de se prêter au jeu, notamment sur des sites de recyclage en reprise de matériaux pour alimenter des centrales à béton ou des centrales d’enrobage. « Le retour utilisateur a été dithyrambique. L’autonomie n’a pas été un problème dans 99 % des cas. Parce que le couple est disponible à tout moment, contrairement à une motorisation diesel, les opérateurs nous ont confié avoir été plus efficaces sans s’être senti inhibés », témoigne David Forget, chef produit Europe pour les chargeuses compactes et les tombereaux articulés chez Volvo CE.
Avec sa capacité de levage de 6 tonnes, elle peut travailler 5 à 9 heures sur des tâches d’une intensité faible à moyenne. La recharge rapide (165 kW en deux heures) ainsi que la récupération d’énergie à la décélération fiabi­lisent sa durée de fonctionne­ment.

Technologies à la carte  

Egalement présentée, la nouvelle version en électrique de la pelle de production de 23 t, l’EC230 série F, promet 6 à 9 heures d’autonomie selon les applications grâce à une capacité de batterie doublée à 450 kWh. Elle peut être rechargée au choix avec un chargeur de 40 kW (charge lente) ou de 250 kW (charge rapide), par exemple durant la pause méridienne pour pouvoir terminer sereinement la journée de travail.
En hybride, la pelle sur chenilles EC360 fait partie d’une gamme allant de 25 à 50 tonnes. Son énergie est générée par l’abaissement de la flèche. Une fois stockée, cette énergie est régénérée pour soutenir l’entraînement de la pompe par le biais du moteur d’assistance, qui, à son tour, alimente le système moteur. Il en résulte une augmentation de 17 % du rendement énergétique lors des opérations d’excavation. En outre, ce système électrohydraulique nécessite moins de flexibles, ce qui réduit le nombre de raccords et l’entretien requis. Les intervalles de vidange d’huile moteur et de remplacement du filtre ont doublé pour atteindre 1 000 heures d’après les données constructeur.

Innovation pour le transport

Du côté des camions, le constructeur présentait aussi un panel de solutions avec des motorisations électriques, à l’HVO ou au gaz. Volvo Trucks mettait notamment en avant une solution innovante pour le marché de la carrière : un “camion-tombereau” pouvant remplacer un tombereau rigide dans des applications avec beaucoup de roulage.
Il s’agit du modèle FMX, décliné en configuration 8×6 (jusqu’à 40 tonnes de charge utile) et 6×6 (jusqu’à 30 tonnes de charge utile). Il est équipé de composants développés par Volvo CE pour garantir sa robustesse : chaîne cinématique des tombereaux de la marque, boîte Powertronic avec ralentisseur hydraulique, pont arrière de 38 t conçu et fabriqué par Volvo CE, suspension pour mines et carrières, pneus R24 adaptés aux terrains difficiles, benne CIF 22 m³ pour les carrières, ainsi que des technologies embarquées spécifiques comme l’inclinomètre et le pesage. Ce camion intègre des options de sécurité comme la protection FOPS/ROPS et peut être homologué route sur demande.

Lever les verrous

Au moment de choisir un matériel électrique, la capacité de la batterie ne peut pas être la seule donnée à avoir en tête, puisque l’autonomie est aussi fonction de l’application. D’autre part, avec une motorisation électrique, la disponibilité du couple est maximisée et les besoins en maintenance sont réduits, car les composants du moteur sont des inertes ne nécessitant pas d’entretien. Bien sûr, il existe aussi des limites à l’utilisation de l’électrique, c’est pourquoi Volvo cherche à définir l’autonomie dont un exploitant aura besoin en déchiffrant minutieusement son application.
Un donneur d’ordres comme EDF, invité par Volvo à témoigner sur les objectifs de décarbonation qu’il fixe désormais dans ses appels d’offre pour ses chantiers hydroélectriques, explique se structurer de plus en plus, obligé par la règlementation en France, mais aussi à l’international par les bailleurs de fonds et les ONG. « Nous fixons des objectifs comme un certain seuil d’émissions de CO2 pour les bétons et les aciers à ne pas dépasser, ou un pourcentage d’engins de terrassement électriques à fournir sur les chantiers. Ce n’est pas évident au regard de contraintes comme le planning ou les budgets. Les critères de choix seront ceux des temps de recharge et des solutions de recharge proposées. Mais aussi l’analyse de cycle de vie fournie pour la production et l’utilisation de ces engins », explique Antoine Bouvier, ingénieur éco-conception chez EDF. Ce type de données est d’ailleurs en cours de normalisation en Europe grâce à des modes de calcul permettant de quantifier l’impact précis en termes d’émissions de CO2, précise-t-on chez Volvo.

Sonia Puiatti

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