Le ministre de l’Industrie Marc Ferracci a affiché lundi 1er septembre le soutien de l’Etat au projet de mine de lithium d’Imerys à Echassières (Allier), annonçant que l’entreprise bénéficierait d’un crédit d’impôt de 200 millions d’euros, alors que le coût de construction a été réévalué à 1,8 milliard d’euros.
Le crédit d’impôt Industrie verte, introduit par la loi Industrie Verte en 2023, va bénéficier à Imerys à hauteur « d’à peu près 200 millions d’euros », a déclaré le ministre lors d’une visite sur le site de la future mine. Le coût de construction de cette mine, qui devrait permettre de produire 34 000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium et d’équiper 700 000 voitures électriques par an, a été réévalué à 1,8 milliard contre un milliard initialement en raison de l’inflation mais aussi d’investissements « notamment pour réduire les impacts environnementaux et sociaux », a expliqué le responsable des projets lithium d’Imerys, Alan Parte.
Ce soutien de l’Etat s’inscrit dans une stratégie qui vise à « limiter les dépendances que nous avons à un certain nombre de matériaux, de minerais critiques », a précisé M. Ferracci. « Le but, c’est d’avoir une filière industrielle autour de la batterie, notamment avec des débouchés pour les batteries que vous connaissez qui sont notamment dans le véhicule électrique, mais pas uniquement », a-t-il indiqué, évoquant par ailleurs la défense.
A lui seul, le projet d’Imerys, baptisé Emili, « offre de la souveraineté sur un tiers [des] besoins » de la France, selon l’entourage du ministre. « C’est aussi un soutien au titre des autorisations, au titre de la facilitation des projets », a relevé M. Ferracci, évoquant les décrets qui modifient le code minier adoptés la semaine dernière en conseil des ministres. « Vous savez que la question de l’acceptabilité des projets est une question majeure et nous avons évidemment à cœur de faire en sorte que ces projets soient compris, soient acceptés », a souligné le ministre.
Fin juillet, une manifestation d’opposants à la mine, qui dénoncent son impact environnemental et sa consommation d’eau, avait réuni entre 200 (selon la préfecture) et 300 (selon les organisateurs) personnes. Imerys assure de son côté que ce projet fait partie de ceux « qui consomment le moins d’eau au monde », a affirmé M. Parte. L’entreprise attend dans les prochaines semaines le permis de construire pour son usine pilote, dont les travaux doivent débuter en 2026. La date de mise en exploitation a quant à elle été repoussée de 2028 à 2030.
La rédaction avec l’AFP
©Imerys

