Archéologie préventive : découvertes majeures sur le site Lafarge d’Hermé (77)

L’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a mené de mai à août 2025 trois chantiers de fouilles préventives sur la carrière Lafarge Granulats d’Hermé (Seine-et-Marne), au lieu-dit Les Pièces de la Motte. Réalisées sur prescription de l’Etat (Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France) à l’issue des diagnostics réalisés en 2013 et 2016, ces opérations révèlent plusieurs occupations humaines s’étageant du Néolithique à l’Antiquité. Autant de traces qui offrent un éclairage précieux sur l’évolution de l’occupation rurale dans la vallée de la Bassée pendant 5 000 ans.

Premières traces de vie au Néolithique (5800 – 2500 av. J-C.)

Plusieurs sépultures, dans lesquelles l’individu est en position fœtale, ont été mises au jour. Elles sont datées du Néolithique moyen II (4800 à 3500 av. J-C.). Deux d’entre elles ont livré du mobilier céramique, dont un vase. Le mobilier permet de rattacher ces sépultures à deux traditions culturelles distinctes, dites de Noyen et de Balloy. Les sépultures du groupe de Noyen sont rares, elles ne comptent que deux autres occurrences dans la région, tandis que celles du groupe de Balloy trouvent des parallèles à Châtenay-sur-Seine, Marolles-sur-Seine et Grisy-sur-Seine.
L’importance des sépultures découvertes à Hermé, rares et isolées, s’inscrit pleinement dans les questionnements actuels sur l’hypothèse d’un Néolithique moyen III, période de transition encore mal définie, et potentiellement représentée ici.

Sépulture datée du Néolithique moyen II découverte sur le site Lafarge d’Hermé (77).

Une nécropole à incinération de l’âge du Bronze final (1400 – 800 av. J-C.) a également été trouvée, avec huit sépultures mises au jour. L’organisation du site suggère un espace funéraire qui a pu accueillir plusieurs dizaines de tombes. La fouille vise à en préciser la structuration, la chronologie, les usages et à réinscrire cet ensemble dans la dynamique de peuplement de la vallée à la fin de l’âge du Bronze.

Occupation rurale gallo-romaine (Ier av. J-C. – Ve siècle)

Les vestiges les plus importants concernent deux occupations antiques sur une emprise de près de 2 ha, dont la fouille a débuté en mai 2025.
Une des deux occupations enserre un bâtiment sur trous de poteau, plusieurs fosses et deux puits. Le mobilier céramique découvert dans le fossé suggère une occupation datant des premières années de notre ère. L’autre, à proximité immédiate, est un enclos trapézoïdal abritant plusieurs bâtiments, des puits, des palissades et des cellules matérialisées par des fossés. Ces derniers éléments laissent penser que le site était en grande partie dévolu à la gestion de cheptels : tonte, agnelage, traite, etc. Le mobilier, des Ier et IIe siècles après J.-C., comprend des monnaies en bronze, des fibules, une épingle en os, un fragment de boucle d’oreille en argent, des clous de chaussures et une grande quantité de tessons.

Près de 30 fouilles archéologiques ont lieu chaque année sur les sites Lafarge en France. Intégralement financées par l’entreprise, elles contribuent à une meilleure compréhension des environnements du passé et à sa diffusion auprès du grand public.

La rédaction