La République démocratique du Congo a annoncé la création d’un instrument monétaire digital souverain adossé à l’or et reconnu comme un actif tangible ayant cours légal. La tokenisation revient à convertir la valeur d’un actif physique, comme l’or, en un token numérique (un jeton) pouvant être échangé sur une blockchain, ce registre numérique accessible à tous et impossible à corrompre. Ainsi, chaque token qui représente une quantité d’or existant dans le monde réel peut être échangé de façon automatique grâce à des programmes informatiques sécurisés, accélérant les transactions et réduisant les coûts de stockage et de transport de la matière.
L’introduction du Sovereign Gold Reserve Token doit donc renforcer la sécurité des investissements mais aussi devenir un levier de développement pour le pays. Le gouvernement de RDC a officialisé la tokenisation de ses ressources naturelles « auprès des communautés de base, pour assurer la transparence, la traçabilité et l’éthique des transactions en vue de la création et du partage équitables des richesses », a expliqué dans un communiqué le FSRDC, l’organisme public placé sous la haute autorité du président de la République qui a conclu un accord avec la société de conseil en investissement Phoenix Capital pour la mise en œuvre de ce programme national nommé Axis.
Cette opportunité d’investissement dans l’exploitation aurifère artisanale en RDC doit bénéficier aux communautés locales avec le financement, grâce à cet outil, de plusieurs projets : introduction de méthodes d’extraction écologiques, certification commerce équitable, création de programmes de formation pour les travailleurs et de projets éducatifs à destination des femmes et des jeunes. « L’objectif est d’améliorer les conditions de travail et de vie dans les communautés rurales congolaises, particulièrement là où l’éducation et les services publics sont insuffisants, voire inexistants ». L’Etat souhaite aussi s’attaquer aux dérives de l’exploitation minière artisanale, qui se déroule dans des conditions précaires entraînant des risques sanitaires, environnementaux et sociaux majeurs.
La rédaction
Image ©Tamim Tarin

