Deux ans après la publication de sa feuille de route de décarbonation, France Ciment (ex-Syndicat français de l’industrie cimentière) livre un premier bilan. Les investissements effectués sur les sites d’exploitation ont permis de diminuer de 11 % le taux de CO2 par tonne de ciment par rapport à 2019, l’objectif étant de diviser par deux les émissions du secteur dès 2030 par rapport à 2015. Ce taux diminue de 2,7 % par an, soit un rythme plus soutenu que prévu initialement dans la feuille de route (1,9 % par an d’ici 2030).
Cette baisse du taux de CO2 par tonne de ciment permettrait d’éviter sur une année l’émission d’1 million de tonnes de CO2, ce qui reviendrait à retirer de la circulation 500 000 véhicules pendant un an.
Cette dynamique repose sur deux piliers : la réduction du taux de clinker moyen dans le ciment et l’amélioration des process industriels.
Plusieurs programmes de recherche ont permis de mettre sur le marché de nouveaux ciments normalisés à impact carbone réduit, basés sur de nouvelles compositions et de nouveaux composants tels que les fines de béton recyclé ou les argiles calcinées.
En 2023, pour fabriquer une tonne de ciment français, il faut en moyenne 718 kg de clinker, soit une baisse de plus de 8 % en 4 ans, conformément au jalon fixé dans la feuille de route.
D’autre part, grâce au développement des technologies de captage, stockage et valorisation du CO2, les émissions « non évitables » liées à la décarbonatation du calcaire dans le four cimentier (soit les 2/3 des émissions) peuvent désormais être contenues.
Les industriels représentés par France Ciment rappellent toutefois leur besoin d’accompagnement par les pouvoirs publics, en matière de soutien financier mais aussi de lutte contre les importations de ciment et clinker, souvent plus carbonées, grâce à la mise en place d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.
France Ciment regroupe des industriels producteurs de clinker et de liants hydrauliques : les cimentiers Heidelberg Materials, Imerys, Lafarge France (Holcim), Eqiom (CRH) et Vicat, ainsi que Chaux Boehm, Saint-Astier et Cantillana.
La rédaction
©France Ciment

