Sur le marché des poids lourds de plus de 16 tonnes, Iveco est en forte progression, avec 24 % d’immatriculations en plus pour ses porteurs l’année passée. Le marché global en France n’a pas faibli, avec une augmentation de 7 % des ventes par rapport à 2023. Le constructeur italien revendique également une belle troisième place sur les ventes de poids lourds à énergies alternatives, un segment sur lequel il mise beaucoup en 2025.
Lors de sa conférence de presse annuelle tenue début avril à Paris, Stéphane Espinasse, président d’Iveco France, a annoncé les résultats de l’année passée et ses ambitions pour celle à venir. C’est ainsi que le constructeur italien conserve sa deuxième position sur l’ensemble de sa gamme (à partir de 3,5 t), avec 12 % des parts de marché et 18 565 véhicules immatriculés en France en 2024.
Sur la gamme lourde (16 t et plus), Iveco a enregistré une belle progression sur ses ventes de porteurs (+ 24 %), un record pour le constructeur depuis 2018, et le résultat d’une stratégie entamée il y a quatre ans sur ce segment. Le marché du lourd a accusé l’année dernière une baisse de 4 %, avec 43 007 véhicules immatriculés, entraînée par la chute des tracteurs (-12 %) qui n’a pas été compensée par les porteurs (+9,9 %). Iveco détient désormais 5,7 % de ce marché avec 2 469 véhicules immatriculés, dont 1 486 porteurs.
En 2025, le constructeur met en avant son nouveau S-Way, lancé en 2024, qui a confirmé des gains de consommation de 10 % par rapport à un véhicule équivalent de la génération précédente, d’après une étude indépendante. Ce poids lourd doit son rendement énergétique à plusieurs nouveaux standards : un moteur XCursor 13 de FPT Industrial (Iveco Group), l’optimisation de l’aérodynamisme, la conduite prédictive avec le GPS de dernière génération qui intègre la prise en compte des virages, un nouveau frein moteur haute performance HPEB qui allie poids réduit et meilleures performances de freinage par rapport à un ralentisseur conventionnel.
A la pointe sur le gaz naturel
Sur les énergies alternatives entraînant les poids lourds, Iveco occupe la 3e place du podium avec 11,7 % du marché. Pour le GNV (gaz naturel pour véhicule), le constructeur est leader avec 39,4 % des parts de marché. Dans sa feuille de route, il prévoit d’atteindre zéro émission d’ici 2040 avec une approche multi-énergie allant du biométhane, une solution prête à l’emploi pour toutes les gammes, à la batterie électrique pour les missions de courte et moyenne distance, jusqu’aux piles à combustible électriques pour le transport longue distance et pour les missions les plus lourdes. En complément de l’offre GNV, le porteur en version 100 % électrique, l’Iveco S-eWay, est attendu pour cette année.
Iveco a également annoncé le lancement d’une ligne pour l’assemblage des packs de batteries électriques à Ulm, au sein de son usine de production des poids lourds électriques. Objectif affiché, remonter la chaîne de valeur et maîtriser ce savoir-faire jusqu’à l’assemblage des modules (qui fixent et protègent les cellules), qui devrait suivre rapidement.
La construction à la traîne de l’électrification
La marque italienne, qui annonce miser sur les énergies alternatives pour les prochaines années, entrevoit une baisse continue des ventes de véhicules Diesel depuis 2020. Sur le marché des poids lourds de plus de 7,5 t, plus de 10 % des immatriculations en 2024 étaient des véhicules non Diesel : 2 729 étaient du B100, 1 569 du GNV et 652 de l’électrique, le reste c’est un mix d’ED95, d’H2 et de bioéthanol (63 véhicules), d’après les chiffres présentés par Clément Chandon, directeur Energies alternatives d’Iveco France.
Parmi les constructeurs présents sur le marché des énergies alternatives, Renault Trucks domine le classement avec 51 % des parts de marché, suivi de Scania et d’Iveco à égalité (16 %), puis de Volvo Trucks (10 %) et de MAN (6 %). « Prime est donnée aux constructeurs proposant un large mix de solutions », analysait-il.
Côté acheteurs, les leaders de la mobilité électrique, avec le plus d’immatriculations de plus de 7,5 t entre 2022 et 2024, sont les secteurs du transport et de la logistique (416 unités), de la location (333 unités), puis de l’environnement et du déchet (298 unités). La construction et le matériau arrivent loin derrière avec 21 véhicules achetés. « Les acteurs de la construction sont à la traîne, c’est logique si l’on tient compte des contraintes liées au stockage de l’énergie sur les chantiers », selon Clément Chandon.
En pourcentage d’électrification, c’est le secteur de la blanchisserie qui est en tête, loin devant les autres, avec 26 % des véhicules adoptés en électrique. Les acteurs du déchet et de l’environnement sont deuxièmes avec à peine 5 % de leur flotte électrifiée. Un constat qui s’explique par les contraintes économiques fortes qui pèsent encore sur les chargeurs et les transporteurs (la parité du TCO entre diesel et électrique est généralement hors d’atteinte dans un contexte de baisse du Diesel). Ces derniers ont besoin d’un soutien à l’investissement à la fois en véhicules et en infrastructures de recharge privatives.
Sonia Puiatti

