Alors que les volumes transportés par la route devraient être multipliés par 5 entre 2010 et 2050, Volvo Trucks veut se positionner en chef de file de l’électromobilité. En conférence de presse, le n°2 de la vente de poids lourds en France a fait le bilan de l’année passée, et dévoilé ses futurs projets.
En 2024, pour la troisième année consécutive, Volvo Trucks est deuxième sur les immatriculations de plus de 16 t, avec 15 % des parts de marché dans l’Hexagone. Parmi toutes les ventes de poids lourds réalisées en France, 100 ont été des véhicules électriques (sur un total de 670 unités vendues dans le pays l’année passée).
Toutes marques confondues, le marché de l’électromobilité pour les camions de plus de 16 t a progressé de 20 % en deux ans, d’après les chiffres dévoilés par le constructeur. « L’électrique fonctionne bien pour des applications comme l’approvisionnement usine et l’approche chantier. Moins pour la longue distance. En tout, les énergies alternatives ont représenté 10 % de nos immatriculations en 2024 », a commenté Laurent d’Arnal, directeur commercial de Volvo Trucks France. En plus de l’électrique à batterie, le Suédois propose comme énergies alternatives l’électrique à pile à combustible, alimentée à l’hydrogène, ainsi que les moteurs à combustion fonctionnant à l’hydrogène vert, au biogaz ou à l’HVO.
3 500 camions vendus dans le monde
Volvo Trucks a vendu son premier camion électrique en France en 2020, avant de produire en série l’intégralité de sa gamme lourde en version électrique dès 2022. Le constructeur a déjà livré plus de 3 500 camions électriques dans 46 pays. « Aujourd’hui, en France, 30 % de notre réseau a déjà vendu au moins un camion électrique. Nous avons investi, en coentreprise, dans 1 700 points de recharge à travers l’Europe. Mais nous ne pouvons pas être seuls. Et nous avons besoin du soutien du gouvernement pour accompagner la transformation des flottes de nos clients », souligne Marcus Hörberg, président de Volvo Trucks France.
Autre donnée relevée par le constructeur pour l’année passée, les options de sécurité non obligatoires (non imposées par la règlementation européenne GSRII) connaissent des taux d’achat de plus en plus élevés. Près de 70 % des camions vendus par Volvo Trucks ont ainsi été équipés de caméras à angle mort, un dispositif installé sur le côté droit du véhicule. Plus de la moitié des options de sécurité proposées par le fabricant figurent dans les carnets de commande de cette année, contre à peine 30 % en 2023.
Aero, la nouvelle génération
Pour 2025, Volvo Trucks a annoncé le lancement du FH Aero en électrique pour répondre aux besoins des transporteurs dont le kilométrage annuel est élevé. Il sera doté d’un essieu électrique lui permettant d’embarquer une plus grosse batterie et d’atteindre les 600 km d’autonomie. Il devrait être disponible à la commande au cours du deuxième semestre. « Le FH Aero, qui a été commercialisé en septembre dernier, représente désormais 60 % des commandes de tracteurs 4×2. C’est un modèle qui plaît et nous sommes très contents de ça », révèle Laurent d’Arnal.
Et pour accompagner cette avancée, le constructeur a annoncé le lancement d’un nouvel outil, appelé Volvo Open Charge, pour trouver des points de recharge publics accessibles pour les poids lourds, avec la possibilité de filtrer par puissance et par type de connecteur. Via Volvo Connect ou l’application Truck Charging, la fonctionnalité permet d’accéder à la recharge après authentification et de payer (facture consolidée à la fin du mois avec toutes les sessions de recharge). A l’avenir, il sera possible d’y réserver une session pour que le point de chargement soit disponible à l’arrivée. « Grâce au réseau public, 24 stations ont ouvert dans toute la France l’année dernière, c’est 300 % de plus qu’en 2023. Nous avons déjà identifié une vingtaine de projets supplémentaires, on s’attend donc à une accélération de la densité du réseau », explique Jérôme Flassayer, directeur électromobilité de Volvo Trucks France.
Ne payer que l’utilisation de la batterie
Pour faciliter la transition vers la mobilité électrique de ses clients, Volvo Trucks a mis l’accent en ce début d’année sur une nouvelle solution de financement permettant de ne pas grever les capacités d’autofinancement : Battery as a service. « En dissociant le châssis du service d’utilisation de la batterie, nous préservons la capacité d’investissement de nos clients qui ne payent que ce qui est consommé, en kWh. C’est l’utilisation de la batterie qui génère la facturation », détaille Laurent d’Arnal. En désolidarisant la propriété de la batterie du véhicule, l’investissement est ainsi transformé en charge mensuelle proportionnelle à l’usage.
En soutien à l’ensemble de la filière du transport routier, le ministère chargé de l’Energie a publié le 1er janvier 2025 la fiche d’opération standardisée CEE TRA-EQ-129, qui rend éligibles au dispositif des CEE1 l’achat ou la location d’un véhicule lourd électrique neuf de transport de marchandises ou issu d’une opération de rétrofit électrique.
Sonia Puiatti
En 2025, le gouvernement s’attend à une multiplication par 2 du nombre de nouvelles immatriculations de poids lourds électriques
Les ministres de la Transition écologique, de l’Industrie et de l’Energie et des Transports ont salué le 27 janvier dans un communiqué de presse la « réussite des dispositifs de soutien mis en place par l’Etat pour soutenir les professionnels du transport routier dans la décarbonation de leur flotte vers l’électrique ».
Le gouvernement avait lancé le dispositif E-trans afin de financer à hauteur de 130,2 millions d’euros, grâce aux certificats d’économie d’énergie (CEE), la décarbonation du secteur. E-Trans devrait permettre la multiplication par 2 du nombre de nouvelles immatriculations de poids lourds électriques en 2025 grâce à l’accompagnement de 674 projets, représentant 2 162 poids lourds ainsi que 369 autocars et autobus.
Un guichet à destination des PME avait également été ouvert. Il a permis de financer l’acquisition ou la location de 251 véhicules lourds électriques, dont 163 tracteurs routiers (catégorie N3) et 88 porteurs (catégories N2 et N3), avec une aide moyenne de 65 000 euros par véhicule, surtout dans les secteurs du fret, de la distribution et de l’industrie agroalimentaire.
Enfin, un appel à projets a permis de soutenir 537 projets d’acquisition, de location ou de rétrofit de véhicules lourds électriques, avec un budget alloué de 110,2 millions d’euros en montant d’aides pour soutenir l’acquisition ou la location de 2 280 véhicules lourds électriques.
Ces dispositifs ont été complétés par le programme Advenir servant à accélérer le déploiement de bornes de recharge. Au 1er janvier 2025, 972 points de recharge ont été déployés dans les dépôts d’acteurs du transport pour 5,1 M€ de primes engagés. En début d’année, on dénombrait 24 stations de recharge accessibles à tous sur le territoire.
1Les fiches d’opération standardisée définissent les exigences requises pour la délivrance de certificats d’économie d’énergie (CEE) et les montants forfaitaires d’économies d’énergie associés.

