Selon un rapport de France Stratégie, l’organisme de conseil placé auprès du Premier ministre, la décarbonation de la fabrication de l’acier par l’utilisation de l’hydrogène n’est pas envisageable à l’horizon 2030-2035 en Europe, en raison notamment de coûts trop élevés de l’électricité. « Un recours à l’hydrogène produit par électrolyse n’apparaît pas en Europe comme une solution compétitive de décarbonation à l’horizon 2030-2035, compte tenu du système électrique que l’on peut anticiper », selon ce rapport de 89 pages consacré à la décarbonation de la production primaire d’acier en France et en Europe.
Il faudrait que l’hydrogène décarboné produit à partir d’électrolyse de l’eau – et donc d’électricité – ait un prix « inférieur à 2,6 euros par kilo » pour que le recours à l’hydrogène soit compétitif dans le processus de fabrication de l’acier, d’après le rapport.
Le document souligne que la décarbonation pourrait passer par le recours au gaz fossile (méthane ou CH4), qui permet de réduire les émissions de près de moitié par rapport au charbon. « Pour aller vers une décarbonation plus profonde à l’horizon 2030-2035, le captage et le stockage du CO2 émis, et l’électrodéposition, une technique d’électrolyse du fer, ressortent comme les voies les moins coûteuses », peut-on lire.
En France, la sidérurgie émet environ 20 Mt de CO2 par an, soit près de 25 % des émissions de l’industrie et 5 % des émissions du pays, soit 1,3 t de CO2 ou équivalent par tonne d’acier produite, contre 1,9 t en moyenne dans le monde.
La rédaction
Image : DR

